07 novembre 2008
Daniel JOHNSTON
J’observais ce malade mental, espèce de déchet humain, un sous homme, bavant comme un vieux clébard, putain de poids pour la société, le genre de type qui profite de ces putains de 23% que je lâche chaque mois sur mon salaire pour les entretenir, ces saloperies d’assistés.
Qu’est ce qu’il pouvait faire ? Ce genre de merdeux ? À part chier dans son froc en tenant des propos incohérents ? Je lui aurais bien tendu une corde, histoire d’en finir. Mais non. Il a pris son étrange guitare, une espèce de truc informe, bricolé à la maison ou récupéré aux Emmaüs parmi les siens, et puis il s’est mis à chanter. Une voix informe et des accords mal ajustés, à l’image du personnage. Mais étrangement, le maelstrom de sons s’est peu à peu harmonisé pour laisser place à une chanson profonde, touchante, puis une autre et encore une autre, le tout illustrant le pourquoi du comment de sa déchéance.
Et cet espèce de Quasimodo qu’il y a un instant j’aurai bien euthanasié de mes mains, n’était finalement qu’un putain d’être humain, 100 fois supérieur à tout ce que je pourrai produire, vivre ou penser. On était tous là, ma connerie et une centaine de bobos badgés Obama (alors qu’ils ne votent pas en France), comme à la messe à écouter comment génie peut rimer avec déchéance. Respect pour l’handicapé : si seulement le téléthon pouvait être d’aussi bonne qualité.
26 mars 2008
The Willowz
Je m’observais du haut de mes chiffres, de mes soit disantes réussites, glougloutant mes résultats bien rangés dans leurs petites cellules, lorgnant mon bout d’existence. Ah il en fallait du courage pour balayer tout ce vent, et cette tempête, elle s’appelle les Willowz.
Leçon d’humilité : je faisais peu avec beaucoup, les Willowz beaucoup avec peu : revenir aux sources, ne pas se prendre la tête, quelques soient tous les K€ que je pourrai aligner, je n’en finirai pas moins par me faire bouffer par les asticots tout comme le dernier des clodos et ça, je l’ai compris au refrain de ce groupe aussi démoniaque qu’un putain de contrôleur de gestion écoutant du Velvet Underground juste pour avoir l’air coool avec 3 « o ».
Alors à quoi bon ? Je ne répondrai pas à cette question, parce qu’à ce niveau, tu as déjà décroché, ensuite j’écoute les Willowz et je dois bien te l’avouer : j’en ai strictement plus rien à foutre.
The Willowz – Talk in circles
26 février 2008
Queens of the Stone Age
Parce que je te devais bien ça, lover, ces quelques mots qui s’égrainent et s’enchaînent comme une douce mélopée pour tes jeunes oreilles d'éphèbe : Déguste mes mots, bois mes paroles, elles sont du vin : enivre toi.
J’attendais mon cancer à l’ombre de ma haine. Essayant d’illustrer cette médiocratie ambiante par mes envies d’agression : T’agresser à la hargne mordante de mes poings, mettre les points sur les i à grands coups de batte de baseball en pleine gueule, histoire de te remettre tes idées de RMiStes en place en te faisant cracher toutes tes dents. T’agresser dans tes convictions, parce que mis de côté les arabes et les juifs, il n’y a rien que je déteste plus que les racistes. Une agression qui va au-delà des gestes, des paroles, qui passe par mes mots, ma syntaxe, ma police parseu ke je man tap, lé fransé man nui é mém si jé lu tous ces livres, je reste toujours le même connard et du fin fond de ma solitude : je te vomis ma haine et te rote mon mauvais goût à la gueule juste pour le plaisir de te choquer.
Les Queens of the Stone Age sont tout ça, juste la bande son de ce chaos, des génies qui ont réussis à trouver une harmonie dans toute cette merde. Et de les écouter n’émerge qu’une seule certitude : je ne veux plus être le roi de la pop, je veux seulement être la reine de ce putain d’âge de pierre (mental).
Queens of the Stone Age – Era Vulgaris
10 février 2008
The Gun Club
Il fait chaud. Il faut dire que je suis aux avants portes de l’enfer. Miami, Soleil de plomb, le chemin est bordé de palmiers, faméliques, jonché de détritus : des blacks, des portoricains, qui m’infligent leur détresse et leurs plaintes, mendient leur part de paradis artificiel, leur puanteur se mêle à celle des Keys. Une pauvreté qui m’insulte, m’insupporte car ces loques ne m’apporteront rien, je ne leur servirai à rien, ils ne m’indiqueront pas la voie vers le meilleur.
Une mélodie pourtant m’interpelle, le terme même m’étonne et détonne dans ce gouffre. J’entends pourtant bien ces quelques notes de guitare et dans cette désolation, il se détache, le Gun Club, ce bras armé de l’enfer, armé de ses instruments ; et si pour certains connards, les mots peuvent tuer aussi sûrement que des baïonnettes, alors les chansons du Gun Club sont des armes de destruction massive.
J’aimerai en sortir, trouver un quelconque échappatoire, mais cette réalité est terriblement séduisante, la chaleur m’apparaît plus supportable, j’oublie tout : ces putains de rats amorphes, qui jonchent le sol, toute cette merde qui me prend à la gorge, tout ça pour ne plus retenir que ces paisibles septuagénaires venu faire griller leur carcasse au soleil de ce cimetière de luxe. Je passe les Ray Ban, j’abandonne : je m’étends sur le transat face à l’océan, je n’irais pas au paradis. Heureusement on m’avait prévenu que là bas, il n’y avait que des faibles et simples d’esprit. Je ne rate pas grand chose.
28 janvier 2008
The Stranglers
Le voile catarrheux de ses illusions perdues me réjouit et me met en tête le son métallique du refrain des chansons des Stranglers.
J’en vois à peu près une fois par an en entretien, de ces idéalistes foireux, déchus, déçus. Je les revois du haut de leurs idéaux m’adresser leur triste regard mêlant compassion mais surtout pitié. Mais les belles idées se sont révélées vaines quand il a fallu les confronter à la réalité ; et si les paroles étaient séduisantes, il fallait bien se rendre à l’évidence du pragmatisme de l’assiette : les idées ne paient pas, ne nourrissent pas : la compromission si.
Les rôles sont donc aujourd’hui inversés et j’y prends un certain plaisir, j’ai envie de violence, de l’étrangler, de l’étouffer de compromission au son des Stranglers, de lui faire dire à ses petits enfants qu’avant d’être banquier, et bien papi, c’était un rebelle, qu’il écoutait du reggae et le peuple de l’herbe, qu’il avait fait son mai 68. Le voilà donc désormais de retour parmi nous dans notre triste réalité où avant de parler, il faut agir. Cela étant dit, il m’apparaît important de me taire, pour écouter les Stranglers.
The Stranglers - Black & White
14 janvier 2008
Liz Phair
Je ne croyais plus en la femme. Ce genre de l'humanité n'était plus vraiment cet autre moi. Certes il y avait certaines ressemblances : la femme tout comme moi, avait vaguement ça et là deux jambes, deux bras, une tête qui pouvaient encore faire illusion. Mais leur propension à s'illustrer de manière plus ou moins (plus que moins d'ailleurs) ridicule à travers Arielle Dombasle, Virginie Despentes, the L world et autres femmes de ménages désespérées qui font du sexe dans la ville m'avaient clairement fait perdre tout espoir de ne les considérer autrement qu'un vulgaire "sac à foutre", pour reprendre l'élégante expression de Nicolas S., qui a préféré garder l'anynomat par respect pour son sac à foutre de luxe.
Mais tout ça, c'était avant d'écouter Liz Phair.
Liz a osé s'aventurer dans la ville des mecs pour nous faire part de son regard acide et lubrique sur notre triste condition : cette connerie féminine sus décrite, n'était elle pas aussi applicable pour les hommes?
En 18 titres d'une pure violence parolière, Liz m'avait mis devant mes propres contradictions, m'obligeant ainsi à reviser mes positions. Du coup désormais, je trouve les femmes toujours aussi connes, mais les hommes aussi : je ne crois plus en l'humanité. Merci Liz.
Liz Phair - Exile on guyville
07 janvier 2008
Richard & Linda Thompson
Par mon métier de recruteur, j’ai longtemps cru en la médiocratie : Tous ces gens qui se croient uniques et différents alors que nous faisons tous partie de ce même ventre mou. Mais tout ça, c’était avant d’écouter Richard & Linda Thompson.
J’en avais assez : Jean-Claude Brialy avait beau être mort depuis quelques semaines, Lio, Arielle Dombasle, Sean Penn et tous ces autres abrutis de Michael Moore continuaient malheureusement à vivre, m’imposant « leur univers » comme l’ultime vérité. Et ils y en avaient partout de ces autres médiocres, pleins les RER, avec leurs i-pod, casques Bose sur les oreilles, encachemirés dans leurs pulls, qui préféreraient se faire emmurer plutôt que d’être plus de douze connards à avoir compris le dernier David Lynch. « be yourself , comme tout le monde » comme dirait l’autre. Bref, je ne croyais plus vraiment en autrui après avoir lu sa vie sur son blog. Peut être parce qu’il me ressemblait tellement.
Mais l’espoir existe, et il s’appelle Richard & Linda Thompson. Ils font décidemment parti des grands, de ceux dont on se souvient en détail du moment où on les a écouté pour la première fois, qui aident à mieux se comprendre soit même. J’ai longuement hésité avant d’écrire sur eux, leur musique, sa signification : de façon prosaïque, il n’y avait pas assez de touches sur mon clavier pour en faire une description dithyrambique.
Mais il faut que je me fasse une raison : j’appartiens à ce ventre mou, moi aussi j’essaie d’exister, de me différencier à travers ce que j’écris, en vain, par pure masturbation intellectuelle, mais il faut se rendre à l’évidence : je ne suis pas et ne serais jamais Richard ou Linda Thompson. Alors écoutez les et vous me comprendrez, et si vous êtes plus intelligent que moi, vous arrêterez d’écrire.
Richard & Linda Thompson – I want to see the bright light tonight.
03 janvier 2008
Je regarde les gros manger (au son des Flaming Lips)
Allez savoir pourquoi : en ce moment je bouffe souvent seul le midi au resto d'entreprise : depuis que je vis en société, j'ai du mal à supporter mon prochain, cet autre moi.
Quand soudain je les ai vu arriver : dégoulinant dans leur complaisance végétaline, flanqués de T-shirts et de robes taillés dans des rideaux dans le plus pur style boubou hawaïen, un troupeau de gros venait de s'asseoir en face de moi. Des gros "classes américaines", 120 kg au son du grincements de leurs chaises au supplice, enfournant des platrées complètes de ce qui semblait bien être de la nourriture sous la mayonnaise et ce dans le trou béant de leurs bouches ouvertes.
Admiratif devant ce pathétique et risible tableau félinien, je me suis mis à fredonner cet air des Flaming Lips, "the w.a.n.d", m'imaginant, rigolard, ce que pourrait donner les ondulations de cellulite de ces tristes compagnons de table dansant au son de ce titre ravageur, image m'illuminant ainsi mon repas et ce au rythme des va et vient de couaines de ses putains de machines à ingurgiter, à régurgiter, jusqu'à ce que mort s'en suive, une mort sentant la frite et toute palpitante des secousses de leurs coeurs malades d'avoir glougloutés son trop plein de saindoux.
Donc que retenir de cette amusante mais inutile histoire, me direz-vous? Et bien que d'une part les Flaming Lips sont à recommander à tous les gros (étant probablement la meilleure solution au problème de l'obésité, mieux que l'anneau gastrique) et que d'autre part, je devrais probablement imaginer un peu plus de clips video pour les artistes pop à la mode.
02 janvier 2008
Andrew Bird
Parce que parfois, il faut savoir se ramener à sa simple condition de futur ex-jeune cadre moyen dynamique, et qu'Andrew Bird est peut être l'un des meilleurs moyens pour ce faire.
C'était une journée magnifique, parfaite pour écouter "the mysterious production of eggs", bleue, ensoleillée comme les chansons d'Andrew. J'aime me limiter à Andrew, histoire de me faire croire à une quelquonque intimité entre moi et les accords subtils de la guitare de cet artiste magnifique.
Magnifique car il me fait tout oublier : ma pédophobie, les limites de l'écriture de Bret Easton Ellis, la disparition de Desproges, le dernier classement du Point des écoles de commerce, ma bonne résolution d'entamer des études de droit pour 2008. Me rappelant du même coup, génial, la vanité qui se cache derrière tout projet de carrière, vanité qui se rapproche après tout éthymologiquement parlant de vain.
Donc Andrew Bird, c'est un peu la joie de l'ouverture du paquet cadeau avant la déception de voir ce qui se cachait derrière, joie d'écouter, déception de constater que c'est déjà fini.
16 novembre 2007
J'aime la RATP
Et oui, j'aime la RATP. Je sais, cela peut paraître aussi inconcevable que de dire qu'on aime la joie dans les yeux d'un enfant ou qu'on ne peut pas totalement en vouloir à Jean-Pierre Pernod, mais je dois avouer : j'aime profondément la RATP et cela pour trois raisons : Ben Kweller, Ben Folds et Jason Falkner.
La RATP ne me fait donc pas perdre de temps, mais m'en offre : quel bonheur d'attendre sur ce coin de quai en compagnie de tous ces autres moi débordant de médiocrité, le tout avec ces trois artistes chantant tour à tour leurs pépites respectives dans mes oreilles d'
ex futur jeune cadre dynamique. J'aime profondément la pop, peut être même plus que la RATP et la SNCF réunies et écouter ces trois artistes, c'est un peu comme sortir sa carte de l'UMP au milieu d'un défilé Sud Rail : on n'en ressort pas indemne, c'est tant mieux.
Je ne me permettrai donc pas d'essayer ne serait ce que de décrire la musique de ces 3 héros, je laisse ce talent à tous ces connards des magazines pseudo musicaux à la mode. "Alors pourquoi est ce qu'il nous escagasse les neurones avec ses états d'âme à la con? " me direz vous, et vous aurez raiso
n de vous poser cette question. Et bien je me permets d'écrire cela car c'était pour moi une espèce de crime contre l'humanité de conserver ces 3 artistes pour moi tout seul, et puis aussi peut être quelque part par pur égoisme, histoire de me faire croire qu'avec les trucs que j'écoute, je suis un mec trop coool avec trois "o".
A partir de là vous faites ce que vous voulez, mais moi je sais ce qu'il me reste à faire : prier pour que la grève soit reconduite et que je continue à mettre 2 heures pour aller et venir du taff. Adios.
Ben Kweller - Sha sha
Ben Folds - Ben Folds Live
James Falkner - I'm Ok, You're Ok
